Phnom Penh : la ville qui ne dort (presque) jamais

Phnom Penh, 8 janvier 2017 à 15h20 : arrivée sur le sol cambodgien sous une chaleur écrasante. A peine le temps pour nous de récupérer notre backpack (qui sera notre maison pour les mois à venir) et de franchir les portes de l’aéroport, que nous voilà assaillies par une horde de tuk tuk en folie nous proposant leurs services. Du calme les copains, on ne va de toute façon pas parcourir la petite dizaine de kilomètres qui nous sépare de l’auberge à pied, étant donné les 15 heures d’avion qu’on a déjà dans les pattes (façon de parler hein).
Nous arrivons au One Stop Hostel, et sommes accueillies par un staff d’étudiants cambodgiens souriants et aux petits soins. Une fois les clés de chambre en poche, il est temps pour nous de débuter notre exploration du Cambodge en commençant par Phnom Penh, la ville qui ne dort (presque) jamais.

Phnom Penh et ses marchés

Durant ces quelques jours de visite dans la capitale, nous sommes impressionnées de découvrir des marchés implantés dans chaque coin de rue. Nous nous sommes volontairement perdues pour sortir des sentiers battus et sommes tombées sur quelques pépites qui valaient le détour.

Le Night Market alias notre QG

Situé à quelques pas de notre auberge, nous sommes parties en direction de ce marché qui n’ouvre qu’à partir de 17h. Une scène ouverte permet d’ambiancer le lieu. Il nous faudra quelques minutes pour nous adapter aux chansons cambodgiennes.

Il n’y a pas que la musique qui semble étrange. Les vêtements ont aussi des touches artistiques très différentes de ce que nous connaissons en France. À savoir des pyjamas de « grand- mère » ornés d’hello Kitty, des shorts XXL mais taillant du 34, des robes Desigual mais en pire…le shopping au Cambodge attendra un peu.

La particularité du night market est qu’il possède des stands de nourriture avec des tapis de sol pour y manger. Ambiance zen garantie.

L’immanquable marché central

Son architecture assez particulière se caractérise par une coupole centrale et de 4 ailes qui s’étendent sur de très nombreux mètres carrés.

La partie centrale abrite des stands de bijoux, tandis que les ailes se partagent la vente de produits high tech, de vêtements et d’autres produits dérivés. La partie extérieure, elle, regroupe les fleuristes et l’ensemble des stands de produits alimentaires.

Les échoppes s’étendent généralement sur quelques mètres carrés, et il n’est pas rare d’entrevoir des commerçants dormir à même le sol de leur stand, la chaleur ne poussant pas trop à l’activité.

Le passage d’une partie à l’autre est assez challengeant d’un point de vue olfactif : certains commerçants n’hésitent pas à laisser la viande et les poissons à l’air libre.

Nous décidons tout de même de tester des plats Khmers pour 2$. Nous nous régalons devant nos fried noodles / rices. Décidément les cambodgiens sont  de très bons cuisiniers.

Coup de coeur : les fried noodles au poulet et cacahuètes

Le marché central est également l’endroit idéal pour améliorer ses techniques de négociations: nous n’hésitons pas à proposer la moitié des prix annoncés, et finissons toujours par trouver un compromis satisfaisant sans se ruiner.

Insolite : Le Beauty Market

Au détour d’une rue, nous voila plongées dans un univers spécialement dédié à la gente féminine : tables de massages, salons de coiffures, de maquillage, … bref, c’est un peu le temple de l’esthétique et du bien être, même si l’ambiance reste la même que sur un marché traditionnel, à savoir qu’on déambule librement entre les femmes qui se font faire les ongles et celles qui arborent fièrement leur nouveau brushing, les prix se négocient et des vendeurs de boissons fraîches circulent dans les allées (bon, niveau intimité, on a déjà vu mieux).

La vie nocturne

Qui dit grande ville dit forcément des quartiers animés remplis de bars où se prélasser en fin de journée avec une (des) bière(s) fraîche(s).

Phnom Penh ne nous a pas déçues sur ce point et nous avons eu l’occasion d’en tester plusieurs et de goûter leurs principales bières locales qui se rapprochent fortement de la traditionnelle Kronenbourg : l’Angkor et l’Anchor.

Après avoir sympathisé avec Staven et Dipac, deux Indiens venus visiter le Cambodge pendant deux mois, et Jason, néo-zélandais parti lui pour 4 mois à travers l’Asie du Sud Est, nous demandons un peu au hasard à un tuktuk de nous déposer dans cet eldorado.

Nous voilà quelques minutes plus tard dans un bar / boîte rempli de Cambodgiennes (très apprêtées) qui attendent avec impatience notre commande.

Il faut savoir que les bières sont à 1,50$, un billard est mis à notre disposition, et la musique est libre d’accès. Que la fête commence !

Apres plusieurs bières et cocktails et quelques parties de billard plus tard,  nous nous décidons à tester d’autres endroits et remarquons le Black Cat bar qui nous fait de l’oeil. Décidément, cette rue a tout pour plaire !

Le « barathon » se poursuit ensuite dans la boîte des expatriés et des locaux, nous avons nommé le Pontoon. Changement d’univers et place à une piste de danse et à son dj …cambodgien. le son est en décalage avec ce que nous avons l’habitude d’écouter en France, mais pourquoi pas.

La vie nocturne de Phnom Penh ne se résume pas qu’à ses bars. En effet, nous avons été surprises de constater que dès la nuit tombée, la ville se transforme radicalement. Les berges en face du Grand Palais sont le lieu de terrain privilégié des apprentis footballeurs.

Nous y rencontrons Chò, notre petite mascotte de la rue âgée à peine de 6 ans. Quel coup de coeur !!! Au départ, venu pour nous vendre des bracelets, il finira par jouer au foot pendant de longues minutes avec Kevin avant de découvrir le fonctionnement de notre appareil photo.

Également, les petites échoppes s’agitent pour satisfaire les papilles des clients. Les différentes odeurs qui émanent nous rappellent les marchés et nous ouvrent l’appétit.

En poursuivant notre chemin, nous avons pu assister à un cours d’aérobic composé essentiellement de mamies qui visiblement connaissaient la chorégraphie sur le bout des doigts.

Décidément, les habitants ne sont pas prêts de rentrer se coucher. De notre côté, nous n’allons pas tarder car le lendemain, notre bus vient nous chercher à 7h direction Kampot.


Un peu de culture !

Wat Phnom

Il s’agit du plus ancien sanctuaire bouddhiste de Phnom Penh. Le sanctuaire principal renferme une multitude de statues du Bouddha, un espace de prière, des peintures murales. Il faudra bien sûr se déchausser à l’entrée pour pénétrer dans ce lieu sacré.

Infos pratique : coût de l’entrée : 1$

Le Killing Field : le charnier

Après 45min de trajet entre ville et campagne en tuk-tuk, nous arrivons au Killing Field où furent exécutées près de 17 000 personnes sous le régime des Khmers rouges entre 1975 et 1979.

L’atmosphère est à la fois saisissante et étonnante, aucune trace des massacres n’étant plus visible.

Un grand bâtiment s’élève face à nous, Stupa qui sert de mémorial et où sont entreposés des milliers d’ossements des victimes du massacre …

La visite comporte 19 points d’arrêt et s’effectue uniquement grâce à un audio-guide nous transmettant les détails du génocide initié par Pol Pot en 1975.

Le régime des Khmers Rouges, avec une base idéologique communiste agraire opposaient la populations agricole et citadine bourgeoise. Il avait pour objectif de fonder une société «sans classe» purgée de l’influence capitaliste et coloniale occidentale ainsi que de toute religion. La totalité des habitants de Phnom Penh fut déportée d’abord dans des camps de travail agricole puis dans des lieux d’extermination identiques au Killing Field. Les cibles principales du régime furent les intellectuels, les opposants politiques et tout ceux qui pouvaient représenter une «menace» au régime communiste de l’Angkar. Des milliers d’enfants ont ainsi été massacrés par les soldats Khmers.

La prison S21

Chacun des bâtiments est traversé par un long couloir donnant sur les «salles de classes». Celles transformées en cellules ont les fenêtres murées.

Direction ensuite la prison S 21, en plein centre de Phnom Penh pour la visite d’une ancienne école, reconvertie en centre de détention par les Khmers rouges. Il se compose de 5 bâtiments à 3 étages.

A l’intérieur, les anciennes salles de classe font office de salles d’interrogatoire ou de tortures, de bureaux d’officiers ou de cellules aménagées (jusqu’à 12 cellules d’environ 2m2 par pièce).

Aujourd’hui, la plupart de ces salles sont transformées en lieux d’exposition : témoignages des victimes et portraits des détenus, mais aussi, et c’est là le plus étonnant, des témoignages des bourreaux, souvent accompagnés d’une photo d’eux aujourd’hui, souriants, précisant qu’un tel est aujourd’hui pêcheur, alors qu’une autre, ayant rejoint les Khmers rouges à l’âge de 15 ans, possède maintenant sa propre ferme dans le nord du pays.

Les nombreux documents mis à disposition nous permettent de prendre conscience des conditions de détention particulièrement inhumaines : repas quasi inexistant, douche collective mensuelle, interdiction de communiquer, travail dans les champs durant la journée et rituels de torture des nouveaux entrants qui conduisaient parfois jusqu’à la mort. S’ajoute à la douleur physique, une souffrance psychologique liée au fait que la plupart des détenus ne connaissaient même pas le motif de leur détention. Ils étaient contraints de s’accuser d’actes qu’ils n’avaient pas commis.

Infos pratiques : avec l’auberge, bookez un tuk-tuk depuis le centre ville de Phnom Penh, comptez 15$ pour le trajet qui vous mènera de l’auberge au killingfield puis au S21. Coût de l’entrée sur place : 6$ (audio guide compris) pour le Killing Field et 3$ l’entrée  sans audio-guide, 6$ avec.

Balade à Phnom Penh : entre transformations économiques et rencontres authentiques

Lorsque nous débarquons à Phnom Penh, nous sommes très vite emportées par l’agitation de la ville. La circulation ne s’arrêtant jamais, les klaxons toujours en marche, les marchés toujours ouverts et les tuk tuk omniprésents.

île de Koh Pich : « elite town »

Au bout du troisième jour, nous nous enfonçons dans un quartier en opposition totale avec ce que nous avions vu jusque-là. Une sorte de Las Vegas façon cambodgienne en pleine construction grâce à des investisseurs chinois et coréens.

Mais où sont passés les habitants et la vie mouvementée de la capitale ?

Un immense casino a retenu notre attention. Nous décidons de rentrer dans l’enceinte et ce que nous apercevons nous laisse bouche bée. la décoration du lieu nous laisse penser qu’une pluie d’or et de paillette n’a épargné aucun mur.

Les lustres en cristaux sont impressionnants et pour que les riches voyageurs puissent profiter pleinement de « l’attraction », des hôtesses vêtues de robes à 38 carats se laissent prendre en photos. Nous sortons perplexes de cette bâtisse qui nous a fait oublier un instant que nous étions à Phnom  Penh.

Nous reprenons notre route et traversons un pont qui marque définitivement la rupture entre le Phnom Penh traditionnel et le futur / devenir de la capitale. L’île de Koh Pitch est en passe de devenir le quartier hupé de la ville.

Ici tout s’oppose : des grattes ciel en construction, des maisons détruites pour laisser place à des bâtiments luxueux et des rues non plus occupées par des mobylettes ou des tuk tuk mais par d’impressionnants 4×4. Nous sommes loin de nous sentir à l’aise dans ce quartier glacial qui n’a plus rien à voir avec les rues agitées du centre ville.

Malgré notre déception, ce quartier en retrait est important à visiter pour comprendre les différents enjeux économiques de la capitale.