Kampot et ses environs : poivre, pêcheurs et scooter

Après 3 heures de minivan depuis Phnom Penh, nous voici arrivées à Kampot. Nous retrouvons Jason à l’auberge Kool Kampot (mention spéciale pour sa situation au bord des quais, son billard et ses 3 terrasses) puis partons faire un tour dans le centre.

En chemin, Jacob, un Anglais parti solo pour 5 mois en Asie du Sud Est, nous rejoint. La première chose surprenante ici, c’est le nom des restaurants. «Happy Pizza», «The Funniest Pizza», «Best Pizza» et autres, tout cela ne nous annonce rien de bien local. Finalement, chacun des restaurants propose une cuisine khmer et occidentale, plus ou moins réussie.

Le poivre de Kampot

La Farmlink

La ville de Kampot étant particulièrement réputée pour son poivre, une visite à la Farmlink (fabrique de poivre) s’impose. Une location de scooter plus tard, nous découvrons la ferme, à l’intérieur de laquelle se trouve une dizaine de femmes occupées à trier un par un les grains de poivre.

Trieuses de poivre à Kampot

Ensuite, c’est la dégustation et …. Aie, ça pique ! Le poivre, de couleur verte lorsqu’il est récolté entre octobre et décembre puis séché au soleil jusqu’à l’obtention de sa couleur noire, dispose d’arômes forts et délicats. Son goût très intense et doux à la fois révèle des notes fleuries d’eucalyptus et de menthe fraîche.

Le poivre rouge, lui, se récolte lorsque les grains sont à pleine maturité, d’une couleur rouge vif. Il développe des arômes fruités et il est plus sucré que le poivre noir.

Le poivre blanc est issu des grains à pleine maturité (rouge vif donc) qui seront ensuite plongés dans l’eau afin d’extraire naturellement l’enveloppe externe des grains de poivre. Il s’agit d’un poivre plus fin et délicat aux notes plutôt épicées.
C’est assez étonnant de découvrir toutes les subtilités de ce produit typiquement local.

Séchage du poivre vert

Nous rencontrons ensuite Quentin, expat français qui travaille à la LinkFarm depuis le mois d’octobre. Il nous indique comment visiter la ville hors des sentiers battus et nous donne rdv à la Naga Guesthouse le samedi soir.

Coup de coeur : le sucre de fleur de palmier, un petit goût entre la cannelle et le caramel … une tuerie !

Les plantations de poivre

Il nous faudra presque une heure de scooter pour atteindre la Starling Pepper Farm. L’endroit est désert, des immenses poivriers se dressent devant nous, certains mesurant jusqu’à 10 m de hauteur. Des minuscules fleurs donnent naissance à des grappes de poivre vert (celui là est brut, et on peut véritablement dire qu’il arrache !!).

Infos pratiques : Les visites de la Farm Link et de la plantation sont gratuites. Location de scooter :5$ la journée + environ 2$ d’essence sur 2 jours.

Kampot et son village de pêcheur

En s’enfonçant dans les terres de Kampot, à peine quelques kilomètres du centre ville, se trouve un village de pêcheur. Une fois traversé le Prek Tuek Chhou par le seul pont reliant le centre de la presqu’île et, en suivant le long chemin de terre qui s’offre devant nous, nous y voilà.

En nous arrêtant sur le bas côté, un groupe de pêcheurs nous interpellent et nous font signe de les suivre. Descendant de nos scooters, nous traversons une sorte de minuscule terrain de foot aménagé, puis montons sur le ponton où sont amarrés leurs bateaux. La vue est magnifique. Quelques cigarettes plus tard, nous remontons sur nos bolides et continuons de longer la route. Toutes les personnes que nous croisons sur notre chemin arborent un large sourire, les enfants nous font signe de la main en nous gratifiant d’un petit «Hello» qui remplit notre petit coeur de français orgueilleux d’une sacrée dose d’humanité.

Coup de cœur : ce village à lui tout seul a été l’un des plus beaux souvenirs de notre voyage

Sur la route de Kep et du Secret Lake

Aujourd’hui, toujours accompagnées de Kevin, Jason et Jacob, nous prenons la direction de Kep, à une vingtaine de kilomètres de Kampot. Armés de nos fidèles scooters (on fait les malines comme ça mais on n’en a toujours pas conduit un seul …), nous empruntons la petite route de terre qui passe par le village Tuek Chhou et arrivons au Secret Lake.

Sur la route de Kep et du Secret Lake

L’immense étendue d’eau qui s’étend devant donne envie aux garçons de se jeter à l’eau pour se rafraîchir, mais hésitant quant à la propreté de celle ci, ils préfèrent demander aux deux jeunes filles tenant le petit shop surplombant le lac s’ils peuvent s’y baigner. Aucune ne parlant anglais, elles nous font comprendre dans un langage des signes et des éclats de rire que, ne sachant pas nager, elles ne s’y sont jamais risquées, ce qui suffit à décourager nos aventuriers en herbe.

Nous profitons de cet arrêt pour nous désaltérer avec des noix de cocos fraîchement coupées. Quelques minutes plus tard, un petit garçon passe devant nous, tout fier d’aller se jeter dans le lac pour prendre son bain quotidien. Pendant qu’il se savonne la tête, nous sommes forcées de constater que les mecs si «virils» qui nous accompagnent sont en fait de vrais dégonflés.

Remontant sur nos scooters, la route devient de plus en plus cabossée, nous continuons notre chemin comme si nous avions un rallye à effectuer.

En route vers Kep beach nous croisons une vache et sa fermière

Au bout de quelques kilomètres, nous retrouvons le confort d’une route goudronnée et suivons les panneaux annonçant la «Kep beach». Ça y est, nous garons nos bolides et nous nous jetons dans une eau pas si claire que ça mais tout de même bien rafraîchissante, surtout après plus d’une heure de route sur un chemin complètement poussiéreux.

Kep beach dans la région de Kampot

La Kep Beach dans la régino de Kampot

À nos côtés, un groupe d’enfants muni de petits gilets de sauvetage apprend à nager.

Coup de coeur : manger un crabe fraîchement pêché au restaurant Magic Crab, face à la mer.

Infos pratiques : Compter 5$ la location du scooter à la journée et 7$ pour déguster un crabe au poivre de Kampot.